Quand il apprit que son ancien ministre de tutelle( qu'il avait conseillé) Arnaud Montebourg, avait lancé un grand cri d’alarme sur « l’état de la France » (on aurait dit le Titanic version République), le député Vallaud prit peur. Ni une ni deux, il enfila ses bottes de campagne — au sens propre comme au figuré — et fila sauver les meubles (et surtout son siège).
Il envoya ses fidèles tracteurs… pardon, tracteurs humains, distribuer des tracts sur les marchés de la Chalosse, histoire de rappeler aux habitants à quel point il les aimait — du moins entre deux cafés et trois interviews.
Lui, plus prudent, préféra s’occuper de la presse locale : c’est moins risqué qu’un contact direct avec la réalité.
Dans les colonnes du Sud ouest il allait expliquer doctement qu’il travaillait « pour les Landais ». Pas d’impôts pour les travailleurs ! (Sous-entendu : les autres, on verra plus tard.)
Les anciens ? Il voulait les « épargner ». Littéralement. D’ailleurs, avec ses amis, ils leur avaient réservé une euthanasie active — politique, bien sûr — histoire de « soulager » le budget.
Vallaud, en façade, se présentait comme le défenseur des pauvres. En coulisses, il concourait plutôt au concours Lépine de la taxe la plus créative : taxe sur l’air du temps, sur la mauvaise humeur, sur le sourire en coin… Officiellement, on visait « les riches » ; officieusement, tout ce qui bougeait.
Muni de fourches idéologiques, lui et ses camarades étaient prêts à partir en chasse. Il fallait bien « partager ce que les autres voulaient cacher » — notamment leurs revenus.
Mais derrière cet appel vibrant au « sursaut citoyen », se cachait surtout la trouille bleue : celle de retourner travailler. Heureusement, Madame Vallaud, à l’abri des intempéries économiques grâce à un petit emploi d’ami compatissant, pouvait lui assurer le gîte et le couvert en cas de naufrage électoral.
Bref, en prévision de la tempête fiscale et électorale, le député avait choisi la devise des vieux marins de la politique :
« Mieux vaut prévenir… que servir ! » ⚓️