A lire le programme de l'équipe de M Mallet , une question existentielle s'impose : habitent ils vraiment Saint Sever , ou observent ils la ville depuis une soucoupe volante en orbite basse?
Car enfin , transformer l'écoquartier en vaste aire de jeux et en jardins partagés, tout en y installant des maisons "accessibles "... mais passoires thermiques pour primo-accédants sans moyens financiers , il fallait oser.
Ils proposent aussi de végétaliser les écoles et les bâtiments communaux. Idée formidable ! Sauf détail : c'est déjà en cours. Faut il en conclure qu'ils ont déserté la ville ces dernières années, ou qu'ils traversent les rues les yeux fermés? A ce stade, on hésite entre l'amnésie collective et l'atterrissage récent!
Mais le clou du spectacle - sans jeu de mots- reste la fameuse salle aux anciens abattoirs. Une salle de spectacle sans parking, implantée dans une zone exposée aux glissements de terrain. Voilà une programmation qui promet du frisson : on ne saura plus si l'émotion vient de la scène...ou du sol qui bouge. Certains y verront un message subliminal : une façon élégante de se débarrasser des spectateurs les plus critiques?
Ils proposent de transformer des réalisations sportives en espaces de vie multi usages ( frissons garantis ), pour reconstruire ailleurs ce qui existait (tennis )
Au fond , le fil rouge de ce programme semble clair : déconstruire ce qui existe , raser ce qui fonctionne , réinventer l'eau tiède et repeindre en vert ce qui l'est déjà. Une politique de la table rase , version locale
Tout cela non chiffré pour ne pas effrayer l'électeur est évalué à vingt millions d'euros hypothèse basse.
On ne peut s 'empêcher de sourire - un peu jaune- en pensant que M. Mallet , dont les fonctions bancaires consistent à gérer les successions , semble appliquer à la ville une logique successorale : on liquide , on redistribue, on tourne la page. Mais une commune n'est pas un dossier de succession. Ce n'est pas un actif à solder !
Les habitants de Saint Sever n'aspirent pas à la politique de la terre brulée. Ils veulent vivre, avancer, améliorer ce qui doit l'être, sans détruire ce qui a été construit avec leur argent , leur énergie et parfois leur patience .
En politique comme en urbanisme, l'innovation n'est pas l'art de faire table rase : c'est celui de bâtir sur des fondations solides .Encore faut -il avoir pris le temps de les regarder.
Claire Duprat