samedi 28 février 2026

Construire ou détruire?

 A lire le programme de l'équipe de M Mallet , une question existentielle s'impose : habitent ils vraiment Saint Sever , ou observent ils la ville depuis une soucoupe volante en orbite basse?

Car enfin , transformer l'écoquartier en vaste aire de jeux et en jardins partagés, tout en y installant des maisons "accessibles "... mais passoires thermiques pour primo-accédants sans moyens financiers , il fallait oser.


Le concept est audacieux: permettre à de jeunes ménages d'acheter un logement qu'ils ne pourront ni chauffer ni isoler. Une sorte d'apprentissage grandeur nature de sobriété énergétique par nécessité

 Ils proposent aussi de végétaliser les écoles et les bâtiments communaux. Idée formidable ! Sauf détail : c'est déjà en cours. Faut il en conclure qu'ils ont déserté la ville ces dernières années, ou qu'ils traversent les rues les yeux fermés? A ce stade, on hésite entre l'amnésie collective et l'atterrissage récent!

Mais le clou du spectacle - sans jeu de mots- reste la fameuse salle aux anciens abattoirs. Une salle de spectacle sans parking, implantée dans une zone exposée aux glissements de terrain. Voilà une programmation qui promet du frisson : on ne saura plus si l'émotion vient de la scène...ou du sol qui bouge. Certains y verront un message subliminal : une façon élégante de se débarrasser des spectateurs les plus critiques?

Ils proposent de transformer  des réalisations sportives en espaces de vie multi usages ( frissons garantis ), pour reconstruire ailleurs ce qui existait  (tennis )

Au fond , le fil rouge de ce programme semble clair : déconstruire ce qui existe , raser ce qui fonctionne , réinventer l'eau tiède et repeindre en vert ce qui l'est déjà. Une politique de la table rase , version locale


Tout cela non chiffré pour ne pas effrayer l'électeur est évalué à vingt millions d'euros hypothèse basse.

On ne peut s 'empêcher de sourire - un peu jaune- en pensant que M. Mallet , dont les fonctions bancaires consistent à gérer les successions , semble appliquer à la ville une logique successorale : on liquide , on redistribue, on tourne la page. Mais une commune n'est pas un dossier de succession. Ce n'est pas un actif à solder !

Les habitants de Saint Sever n'aspirent pas à la politique de la terre brulée. Ils veulent vivre, avancer, améliorer ce qui doit l'être, sans détruire ce qui a été construit avec leur argent , leur énergie et parfois leur patience .

En politique comme en urbanisme, l'innovation n'est pas l'art de faire table rase : c'est celui de bâtir sur des fondations solides .Encore faut -il avoir pris le temps de les regarder.

Claire Duprat