La soirée d'hier restera, sans conteste, dans les annales du théâtre municipal-au sens dramaturgique du terme.
Après que Julien Larquier ait regretté que mes propos n'aient pas été repris dans le compte rendu du précédent conseil, je ne peux que me réjouir de la considération particulière qu'il m'accorde .Je lui en sais gré et continuerai donc à m'exprimer sur mon analyse des évènements passés et à venir.
Hier au soir donc, au conseil municipal, nous avons vu apparaître une pathologie rare, encore peu documentée par la science politique : la dissonance cognitive aiguë, également appelée dans certains cercles le strabisme conceptuel : trouble singulier qui consiste à regarder les chiffres ....mais jamais deux fois dans le même sens.
Ainsi M. Mallet, dans une tirade manifestement répétée devant son miroir , rappela solennellement qu'il représentait 50% de la population et qu'à ce titre , sa légitimité à poser des questions ne souffrait aucune contestation. Dont acte.
On se souvient pourtant qu'au conseil précédent , le même orateur expliquait avec gravité que la majorité n'avait été élue qu'avec 30% des votants- sous entendu : une légitimité fragile, presque suspecte.
Admirable plasticité intellectuelle : 30% chez la majorité devient une anomalie démocratique, 50% de représentation ressentie et revendiquée , se transforme en vérité révélée. Les mathématiques , elles , apprécient peu ce genre de gymnastique.
Voilà donc les symptômes de cette nouvelle affection : voir les mêmes chiffres, mais les interpréter selon l'angle le plus confortable. Une sorte de myopie sélective où l'on distingue parfaitement ses propres mérites , mais où l'on floute soigneusement ceux des autres.
Quant à la conclusion , elle s'impose d'elle même : ceux qui prétendent incarner le peuple oublient parfois que le peuple , lui , a déjà parlé. Et qu'en démocratie, les suffrages ne se commentent pas à géométrie variable -sauf à finir par arriver premiers dans les discours ...et derniers dans les cœurs.
Mais la soirée ne s'arrêta pas à cette démonstration d'optique électorale. Car une autre manifestation de ce mal étrange fit surface : la disparition soudaine de la bienveillance proclamée lors de la campagne électorale; ceux qui se revendiquent chantres "du mieux vivre ensemble "trouvèrent sans doute , dans un élan de cohérence toute personnelle, qu'il était opportun de voter contre la promotion des agents méritants accédant à la catégorie B en ayant brillamment réussi leurs concours.
Mystère clinique : est ce la même pathologie qui altère la vision des pourcentages et celle du mérite? Ou s'agit -il d'un trouble plus profond , où la vertu affichée se dissout dès qu'elle coûte un peu de reconnaissance à autrui?
Monsieur Larquier et Mme Brethes seraient 'ils jaloux que leurs remplaçants à la mairie de saint sever aient obtenu une t'elle gratification liée à leur seul mérite et compétence, reconnus par la réussite au concours qui permet de nos jours d'accéder à des postes sans être adoubés par des intervenants pas toujours impartiaux...
Claire Duprat